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 Pièce de Théâtre 
policière "Malaise"

 fin septembre 2008
au Théâtre de  
  LAPTE  (43200)

  par Th. du Doigt  
   dans  l'Oeil


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festival 2008

 

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Samedi 26 juillet 2008 : invité d'honneur du Festival  JACQUES BONNAFFE 

 
Allocution poétique" d'après des textes de J.P. Verheggen, J. Darras,
J. Mousseron   et  Ludovic Janvier, Alexandre Vialatte 
                     Conception Nadine Eghels, production TEXTES & VOIX

 

Jacques Bonnaffe à Yssingeaux

Un feu d'artifice de mots, de poèmes, mais aussi de chroniques, de nouvelles.

Il ne s'agit plus de lectures, mais une projection ininterrompue de mots.
Le public est captivé par cette volubilité. Quelqu'un qui vous parle avec aisance, avec cette voix : un moment pour aller mieux en écoutant ce talentueux personnage pour déverser autant de textes avec des enchaînements réussis abordant des sujets graves comme notre mort certaine. Mais comment fait-il pour retenir tout cela ?
il se déplace, saute d'un point à l'autre, court, se pose, s'asseoit mais ne s'arrête jamais, intarissable, inépuisable, imbattable. Jacques Bonnaffe est aussi musicien, il nous l'a montré avec des intermèdes à sa trompette.

Des moments jubilatoires pour appréhender cette capacité à transmettre cette énergie de battant.  

 

"La langue m'échappe depuis toujours. Je n'arrive pas à la saisir. Je confonds tout: Freud et Fred, le danseur de claquettes ou, aujourd'hui Tintin et Desmond Tutu, Madame Bovary et Monsieur Bovidé. Ou Tiresias et Mamelle, j'en passe et des plus belges..."

"Je suis un handicapé de la langue, un languedicapé de naissance".

 Jacques Bonnaffé

presse_leprogres_28 juillet 2008
 

2ème jour

 
 
Alors raconte, dis-nous comment c'était, l'an dernier...
 
 
"Un jour, j'ai ouvert Le Temps d'un Soupir. Des phrases de ma mère, une histoire d'amour, de maladie, de mort.  La mort de mon père. Deux enfants qui restent. Dont une petite fille de quatre ans. Jamais je ne m'étais douté que j'étais cette petite fille. Mais ce jour-là, lisant le livre à haute voix, les mots dans ma bouche, les sons dans mon corps m'ont parlé. Je me suis fondue dans cette enfant, elle était moi soudain et ce livre mien, et son histoire aussi. J'étais spectatrice et je suis devenu actrice des pages imprimées. Ces mots magnifiques qui me racontent leur rencontre, leur bonheur, leur lutte épaule contre épaule, la construction d'un homme, d'un artiste, puis le fracas de l'irruption de la maladie, les vingt jours qui restent, le choix qu'elle fait du mensonge, la mort inéluctable, la solitude de ma mère face à l'hommage national et les enfants qui questionnent puis doucement, très doucement, son retour à la vie, seule. Ces mots, j'ai choisi de les dire devant témoin pour qu'ils sachent combien ils nous manquent."                                                      Anne-Marie Philipe
 
Anne-marie Philipe
"Découvrir le visage de Gérard Philipe révélé par la lumière douloureuse de ce "Temps d'un soupir" qui nous parle, au delà de la mort de l'acteur, de tous nos morts. Il y là quelque chose de l'ordre de la transmission".
 

"Plutôt un hommage, une envie de partage, l'espoir de transformer la douleur en un plaisir de souvenirs magnifiés par l'éternité et l'instantanéité. (...) 
Le spectateur s'en est allé, muet, noué,sublimé"

Cette même soirée a eu lieu au festival de Ramatuelle(83) le 9 août 2007. Nous avons un grand privilège de bénéficier de cette prestation.
 
anne-marie_philipe
 
Après la lecture du "temps du soupir" ou plutôt un partage plein d'émotions sur les derniers instants de Gérard Philipe, Anne-Marie Philipe a dédicacé des ouvrages sur sa famille.
 

De Jérôme Garcin dans son livre "Théâtre Intime" :


" Qui jouait sur scène, ou plutôt qui voyait-on jouer?  Quel coeur battait sous cette longue robe d'Infante : une fille sans père ou la fille d'un mythe ? La jeune femme que j'aimais ou celle qui m'appartenait plus ?"

 ...

De Jérôme Garcin dans son livre "Théâtre Intime" :


" Ces lettres du siècle passé que j'avais l'impression d'écrire en les lisant et qui furent, durant des mois, ma permission perpétuelle, ma revanche sur le réel, mon gynécée, mon opéra italien, mon code civil et ma morale provisoire (..)
Je crois bien que j'en ai tiré, pour toujours, et si exaspérantes soient-elles pour ceux qui me jugent, des manières d'être.
Allons vite. Ne jamais tricher avec soi-même. Se soucier de soi, s'examiner, mais sans aucune complaisance. Travailler à se perfectionner. Tendre toujours les filets trop haut. Chasser le bonheur. Avancer masqué, cacher qu'on est un écorché. Garder, malgré l'âge, le don de la vivacité. Mettre de la sécheresse dans la trendresse, et l'élégance dans la tristesse. (...) Ne jamais montrer son émotion, ne pas se donner, quitte à passer pour une personne métallique. "Il faut se faire un bonheur solitaire, indépendant des autres"."

 

De Jérôme Garcin dans son livre "Théâtre Intime" :


" S'ils cabotinent, ces comédiens que nous aimons, c'est du verbe cabotiner : aller de ville en ville, donner des représentations théâtrales. Ils ont l'enthousiasme ostentatoire des oubliés de la gloire qui ont désappris d'y prétendre, mais pas d'y rêver. (...)
Ils combattent le désespoir quotidien avec une ferveur de croisés. Ils n'ont pas raté leur carrière, ils n'ont pas eu l'occasion de la réussir. Longtemps, ils ont convoité les rôles-titres, mais n'ont fait que les escorter et leur laisser la lumière sur les grandes scènes.(...) Je dois à Anne-Marie d'avoir pu les admirer dans l'ombre, et de ne pas les oublier."

 

De Jérôme Garcin dans son livre "Théâtre Intime" :


" Anne-Marie, en revanche, lui échappait. Elle m'en parlait comme d'un animal sauvage, un peu fennec, un peu tigresse, qu'elle avait cessé depuis longtemps de prétendre domestiquer. (...) Elle craignait pour elle. Elle ne la rêvait pas plus soumise, elle la voulait moins en danger. (...)
Anne fut une mère maladroitement aimante. Dans nos rendez-vous secrets de Ramatuelle, j'essayais de lui dire qu'Anne-Marie l'aimait avec une même maladresse. Mais elle ne m'écoutait pas.
Il a fallu, pour les reconcilier, la naissance de Gabriel. Le visage d'Anne penché, pour l'embrasser, sur celui de sa fille, la main de l'une caressant les cheveux humides de l'autre, est l'un de mes plus beaux souvenirs. (...) L'éclat des yeux d'Anne, quand elle me confiait : "Dieu qu'elle est douée, je voudrais tant que son talent soit reconnu et qu'elle ait le cran de s'accrocher, de garder la tête haute, ma fille !" "

 

De Jérôme Garcin dans son livre "Théâtre Intime" :


" J'ai écrit plusieurs livres (...) et cette page pour leur dire ce qui ne se dit pas, ce qui n'est décidement pas à la mode, ce qui suscite les ricanements, ce qu'ils savent déjà : combien ils ont changé ma vie, combien je les aime, d'un amour qui parfois me fait peur. Il y a chez moi une tendresse redoutable, exclusive, une panique maladive qu'il advienne quoi que ce soit. Je ne juge que leurs qualités, j'ignore leurs défauts. (...)
J'écris, je leur écris, pour tenter sans doute d'être avec eux plus serein, plus vertueux, plus audacieux, plus intransigeant que je ne le suis en vérité, au risque, je le sais, de m'avantager. Et aussi pour qu'ils se souviennent plus tard non pas de moi - quelle importance - mais du père qu'ils ont fait renaître, qu'ils ont réconcilié avec son passé et dont ils ont su préserver, botte à botte sur les chemins buissonniers, main dans la main au coin du feu, la part d'enfance, l'émerveillement de vivre, et la furieuse passion d'aimer."



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